Et tomber malade à Berlin, c'est quelque chose.
Chronologie d'un week-end en enfer.
Samedi en début d'après-midi, je remarque une gêne assortie d'une légère douleur lorsque je déglutis. Rapide coup d'oeil dans le miroir, mes amygdales sont enflées et 2 points blancs ont fait leur apparition soudaine. Je ne suis pas médecin, mais je sais que cela ne traduit rien de bon. Tant pis, j'avais prévu de sortir m'aérer, j'enfile un trench, une écharpe, et je sors. Je m'arrête au passage dans la pharmacie au coin de ma rue et explique mon problème. Lorsque que je lance enfin ma question "est-ce que vous avez quelque chose pour moi?" la pharmacienne me répond très sérieusement "le numéro des urgences" et me dicte le numéro des médecins de garde berlinois. Ce n'était de toute évidence pas la réponse que j'attendais, le médecin attendra bien lundi matin !
Je continue mon périple et, ayant de plus en plus de mal à déglutir, passe dans une seconde pharmacie, réclamer un combo ibuprofène-paracétamol, le duo classique en cas d'angine. Le pharmacien insiste à nouveau sur le fait qu'il faut que j'aille voir un médecin, je commence à comprendre, merci, mais ça attendra quand même lundi !
J'enchaîne donc les petits gros cachets toute la journée et m'endors en rêvant à des lendemains qui chantent.
Ha ha ha. Des lendemains qui chantent. C'est moi qui chante oui ! Mon nez est complètement bouché, ma tête me lance, je suis courbaturée partout, j'ai chaud, puis froid, puis chaud, et mes oreilles commencent à se joindre à la fête. Super.
Je continue d'avaler les cachets mais mon état continue de se détériorer. JE VAIS CREVER.
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| Dessin de Pénélope Bagieu |
Lundi matin, c'est sûr, je ne pourrai jamais aller bosser dans cet état. Je trouve enfin un docteur francophone qui accepte de me recevoir le matin même à 10h30, Alléluia ! Sauf qu'en fait, moi qui me croyait au bout de mes peines, j'étais loin d'imaginer ce qui m'attendais.
Dans un cabinet tout beau tout propre, s'enchaînent médecins et infirmières. Jusque là, rien d'anormal. Vers 11h on m'appelle enfin, retard tout à fait correct pour un médecin. Je m'installe, première question du praticien : "que puis-je faire pour vous?" Et bien c'est à dire que je suis très balade !
J'explique que j'ai mal à la gorge, et le nez tout bouché, et la tête qui fait mal, et les oreilles aussi, et les courbatures, je n'oublie aucun détail. Le praticien hoche la tête, me fait ouvrir la bouche, palpe mes ganglions et hoche la tête. Verdict "oui c'est une angine". Jusque là mon grand, je crois qu'on est bien d'accord. Mais pour le reste ? "Oh, le reste c'est un rhume". Pardon ? "C'est un rhume il faut attendre que ça passe, je vous mets en arrêt maladie jusque samedi". QUOI ?? Mais, je peux avoir des médicaments éventuellement ? "Oh bien, si vous voulez je peux vous donner des antibiotiques pour l'angine mais ça servira pas à grand chose, sinon si vraiment vous insistez je vous note ici le nom des gouttes pour le nez, si vous voulez vous pouvez l'acheter".
Je reste éberluée. Sans même avoir pris la peine de vérifier mon rythme cardiaque, si mes poumons étaient encombrés, si ma pression était normale, si j'avais de la fièvre, ou si mes sinus étaient sur le point d'exploser, le médecin allemand donne son verdict et met automatiquement un arrêt maladie.
Aujourd'hui nous sommes vendredi, j'ai continué à me gaver d'ibuprofène et de paracétamol, toujours sans grand amélioration. Si l'angine est partie, ce qui ressemble fortement à une sinusite est toujours bien là et n'a pas l'air près de vouloir décamper.
Sinon ce qui est vraiment bien, c'est qu'avec la carte d'assurance maladie européenne, aucun frais à avancer, l'assurance maladie règle directement le praticien. Merci l'Europe !

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